Dans ma rue
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Les plus belles chansons de Catherine Maisse ont été rééditées en CD

Informé par la presse du décès d’un ami,
Je me rendis, peiné, à la cérémonie.
Je revis des amis, nombreux et recueillis.
Ils chuchotaient entre eux. Inquiet, je tendis l’ouïe.
Saluant la famille d’accolades fraternelles,
Je serrai quelques mains et pris l’air solennel.
« Mais de quoi est-il mort ? » demandai-je à voix basse.
À mon voisin de gauche qui semblait fort loquace.
« C’est la crise, me dit-il, il n’a pas supporté ».
Mais alors cette crise, elle n’a pas fait assez
De victimes comme ça, qu’elle s’abat encore
Sur des êtres fragiles, ruinés, jusqu’à la mort !
À mon voisin de droite, j’exprimai ma colère.
Il a donc tout perdu, pour perdre ses assises ?
« Mais il n’a rien perdu, il a fait une crise.
Une crise de Foi ». « Car malade, il était » ?
« Il est mort dans son lit et il était athée ».
Alors qu’il le veillait, son fils l’entendit dire :
« Je crois !, je croix !, je croix ! » Puis ce fut le soupir,
L’ultime, le dernier, le final, celui qui nous délivre
De tout et nous emporte, serein, vers l’autre rive.
Prenez garde à la Foi, si elle arrive tard.
Pensez-y bien avant le dernier avatar.
Jean-Charles Theillac
Ils gouvernent le monde et on n’en parle pas.
L’argent, le sexe et pour beaucoup, la religion.
Que n’a-t-on pas commis, au nom de ces trois là !
Quell’ vaste hypocrisie, quelle honteuse affection.
Je mettrais volontiers à part, la religion,
Au nom de l’absolue liberté de conscience.
Mais les deux autres, au moins, méritent réflexion,
Il n’est pas vain pour eux de manquer
de méfiance.
L’argent va à l’argent. Cela se vérifie
Ô combien, aujourd’hui, grâce à ces Harpagons
Qui sont bien engraissés,
ne voulant faire fi
Des lingots amassés
au nez des parangons.
Et l’Homme dans tout ça ? Il se bat, se débat,
N’en croyant pas ses yeux ainsi que ce qu’il oit.
Il faudra bien qu’il cesse, ce cruel branle-bas,
Sinon l’hiver prochain, il va faire trop froid.
Et le sexe dans tout ça ? Il dirige le monde.
Il confère aux affaires un alibi puissant,
Génère l’Humanité dans sa bulle féconde,
Pour mieux l’emprisonner en ce désir
ardent.
Le sexe et le pognon ne sont qu’hypocrisie.
Les Hommes ont en commun, le même regard lubrique,
La même frénésie, la même fatrasie(*),
Pour un billet de cent que pour l’objet
phallique.
Ainsi va notre monde et les hommes ainsi faits,
Qu’ils seraient des menteurs de nier
l’évidence.
À quoi bon le cacher et
en faire un secret :
L’argent, comme le sexe, sont pourris d’indécence ?
Jean-Charles Theillac
(*)Au Moyen Âge, pièce de vers satiriques caractérisée par l'incohérence de la pensée ou du langage.
On est sûr maintenant que l’ancien communisme,
Est très précisément, l’inverse ou le contraire,
Du très valorisant nouveau capitalisme.
N’en déplaise à certains, les deux font bien la paire.
Pendant soixante années, les plus grandes an’ ries
Nous ont été vendues pour de l’argent comptant,
Rostro, au pied du mur, comme une walkyrie,
A bouté les soviets au-delà des Balkans.
L’oncle Sam aujourd’hui, supporte l’anathème,
Et c’est plutôt funèbre, qu’est cette marche là.
« La mine triste, les yeux battus et les joues blêmes »,
Raisonne l’hallali, pour qui sonne le glas.
Une troisième voie est en-train d’enfanter.
Pourvu qu’elle ne soit pas une hydre éternelle,
Qui renaît chaque siècle d’un cerveau éventé,
Pour mieux nous couillonner de rapports paternels.
Le « nuage atomique » ne pass’ra pas chez nous.
Bien trop peur de Sarko, il se détournera
Vers d’autres pauvres gens, un peu « mous du genou »,
Qui n’ont pas élu eux, un ténor « d’Opéra ».
Comme disait Coluche, faut pas nous prendre, que,
Pour des cons. Car enfin, c’est pas bien de gagner
Trop d’argent virtuel et se cacher, quoique,
D’un tel état d’esprit, on peut s’en indigner.
Rencontres opportunes que le destin réserve,
Vous avez le parfum du bonheur assouvi,
Des instants rares et chers que ma mémoir’ conserve
Des replis de mon âme, vous en êtes la vie.
Un visage, un regard, un sourire, une larme,
Quelques mots échangés et puis c’est le désir,
Qui naît et s’amplifie tout à coup sous le charme,
L’espoir(e) d’un baiser échangé à venir.
De deux corps étendus, l’un à l’autre noués
Un frisson, une peau, un toucher esquissé,
C’est le bonheur douillet de deux êtres échoués
Dans un lit de coutil adroitement tissé.
Et le soir de ce jour où l’amour se ciselle,
Apparaîtra la lune dans son habit de fée,
Nous porter la lumière mystérieuse et belle,
De deux êtres étourdis, l’un de l’autre assoiffés.
Et puis viendra l’hiver, rigoureux et trop long
De moments suspendus, d’une longue syncope,
Attendant le printemps et ses premiers bourgeons
Pour retrouver, sereine, ma belle Pénélope.
Jean-Charles Theillac
La question politique est chose trop sérieuse
Pour être confiée à de quelconques hommes
Qui n’ont qu’un seul souci, celui de faire comme…
On verra bien après. Marianne est généreuse.
Parlons des intellos, à force de médire
Sur leur capacité, on nous vend, c’est peu dire,
Un « lait » pasteurisé, sans saveur ni odeur
Mais sain pour avaler, la potion du leader.
Renaissez Montesquieu, Jean Jaurès et Voltaire
Les esprits d’aujourd’hui ne sont pas légataires
De vos enseignements sous prétexte qu’avant,
C’est ringard, dépassé, désuet, malfaisant.
Vous nous avez appris, à penser, critiquer,
Comparer et voter. Dans ce monde étriqué
D’une « pseudo » pensée qui sert de repère
A des êtres paumés que la vie désespère.
Des partis politiques, devraient naître les guides
Des années de demain, des esprits bien lucides,
Capables d’exprimer, sobrement, sans ambage,
Leur projet, leur mission et leur fonction en gage.
Il faut bien s’occuper des affaires de la France,
Nul n’est besoin pourtant d’autant de déférence.
Nous, on veut seulement d’un peu de différence,
Pour cela il vous faut du talent, de l’aisance.
Au-dessus des clivages, il doit se situer.
Avoir de bons principes, être de loyauté,
Indépendant des uns, sans ignorer les autres.
Capable d’endosser l’habit de bon apôtre.
Un acronyme enfin, qui cache bien son jeu
Edwige n’est-il pas, un prénom délicieux ?
Jusqu’où oseront-ils aller dans l’entregent,
Pour satisfaire encore, des « clients » exigeants.
Jean-Charles Theillac
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