Catherine Maisse

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Dans ma rue

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Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /Jan /2009 20:25

Fumer des cigarettes depuis belle lurette,
C’est banal. Et pourtant, arrêter de fumer
Devient un vrai combat, effroyable casse-tête,
Périlleux, délicat, sans victoire assurée.


La raison, le plaisir, le besoin, les effets

S’opposent dans ma tête, dans mon corps tout entier.

La lutte est inégale. À la première bouffée,

Je succombe à Nicot, à son herbe grillée.

 

Je ne me souviens pas m’avoir déjà vu sans

Ce petit bâtonnet, cette putain de clope !

J’ai fumé tout d’abord, pour faire comme les grands,

Jouer à éprouver ce plaisir interlope.

 

D’autres désirs ensuite ont traversé ma vie :

Des envies censurées, des désirs interdits.

Mais le monde fumait ; tous mes héros d’alors

Avaient l’air si heureux, si viril et si fort.

 

Pour comprendre l’enjeu des « faiseurs de cancer »,

Faut dire que ces salauds(*) ont adjoint sans vergogne

De multiples toxiques(**) aux effets délétères,

Lucratifs profits de leur basse besogne.

 

Faut dire aussi bien sûr que les vendeurs de rêves

Nous l’ont bien instillé, ce semblant de bonheur.

Faut dire enfin qu’en face, Esculape et son glaive

N’avaient pas les moyens d’offrir les mêmes leurres.

 

La pensée se délabre entre haine et passion,

Le plaisir et la crainte, le bien-être et la peur.

Sentiments dominants, faits de contradictions,

Deviennent obsédants et sombrent dans l’horreur.  

 

Et pendant ce temps-là, ma raison, mise au coin,

Regard’ s’épanouir mon plaisir malsain,

Car mon corps subira les atteintes fatales,

À moins que la sagesse ne domine le bal.

 

Confrontations stériles, manichéisme vain !

Le corps a ses besoins que la raison ignore.

Le plaisir a les siens que la raison déplore.

Déchiré, torturé… J’arrêterai demain !

 

25 janvier 2009

Jean-Charles Theillac

 

(*)L'Etat, en organisant la vente et en percevant les taxes, est complice.

(**)Voici un aperçu de ce qui est ajouté au tabac d'une cigarette : arsenic, ammoniac, cyanure, acétone, cadmium, formol, benzopyrène, glycol, sulfate d'ammonium, coumarine, eugénol qui est un "phénol", théobromine, glycyrrhizine, pyridine, … Mais aussi, du chocolat, sucre, miel, cacao, caramel, réglisse, etc, … Tantôt mutagènes, parfois cancérigènes, ces additifs sont devenus le dilemme d'une industrie : réduire la toxicité ou réduire les ventes ?

Les composants d'une cigarette

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 18:05




















Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Des décombres fumantes, apparaissent des mains.

C’est la désolation des lendemains sans gloire.

Les victimes innocentes de conflits dérisoires,

Sont la seule vérité de ce gâchis humain.

La honte, quand j’y songe n’a d’égale que mon ire.

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Quels idéaux animent ces guerriers de l’an neuf

Qui ne laissent percer, sous leur gilet pare-balles,

Qu’un cœur sous assistance d’une conscience pâle ?

De quel « bois » sont-ils faits ? Tragique coup de bluff !

A vaincre sans péril… le pire est à venir.

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent

Et la terre évacue ses dernières fumées,

Laissant un goût amer aux gorges des vivants

Et des larmes d’opprobre sur les joues des enfants,

Orphelins ou blessés, souffrants du verbe « aimer ».

A triompher sans gloire… pouvons-nous leur traduire ?

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

Les barbus malfaisants, bienveillants pour eux-mêmes

Ont-ils bien pesé la portée de leurs gestes ?

Combien de sang versé, d’imprécations célestes,

Suffiront à leurs vœux pour qu’ils disent : « Je t’aime ».

A défier le diable, ne croit pas qu’il expire !

 

Les canons se sont tus. Les soldats se retirent.

A propos de barbus, avez-vous remarqué

Qu’ils sont dans les deux camps et aussi peu commodes ?

Pilosité divine ou simple effet de mode ?

Qu’une Dalila vienne un jour à débarquer :

Elle coupera leurs poils pour ôter leurs délires.

19 janvier 2009
Jean-Charles Theillac  

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /Jan /2009 20:47


Ecouter l’hirondelle gazouiller à Gaza :
Est-ce un vœu utopique ou l’ultime arrogance
D’un vrai désir de Paix, de la faim d’un visa
Pour un monde meilleur à l’abri des violences ?

L’hirondelle à Gaza, hélas ! C'est peu probable.
À
moins que cet oiseau n’amène un brin de buis,
Pour nicher ses petits dans le coin d’une étable
Et apporter la joie aux enfants gazaouis.

Jamais jusqu’à ce jour, autant d’Hommes n’ont voulu

L’arrêt de cette guerre pour une « Paix des braves »,
D’hommes de volonté et d’esprit résolus
À apaiser les haines et ôter les entraves.

Lourd destin pour ces peuples d’Abraham héritiers !
L’un et l’autre ont voulu reconquérir leur terre
Dans le sang et les larmes, jusqu’à se sacrifier,
Pour un « ciel apaisé », paradisiaque enfer.

Le jour où tous ces hommes accepteront l’idée,
Qu’il n’est point suffisant de porter un keffieh
Ou une kippa juive, pour auto-justifier
Un’ légitimité à fourbir ses blindés,

Pourrons-nous exporter notre laïcité,
Une terre commune, à partager demain,
Chacun selon son culte, dans la sérénité
Des obstacles abattus, comme le mur de Berlin ?

Si des Hommes ont fait ça, ce doit être possible :
Palestine, Israël, dans la Paix retrouvée.
Shalom, Salem, priez ! Le Coran ou la Bible,
Pour une ère nouvelle et des enfants sauvés

Car ils en rêvent tous de respirer l’odeur
D’une atmosphère limpide de fraîcheur et de joie,
D’entendre une hirondelle gazouiller à Gaza
Et de voir les enfants cueillir de belles fleurs !

C’est une question de temps, une affaire de tempo !
Le monde a fait la preuve de sa maturité.
Pas partout, pas toujours, hélas ! Mais, à propos,

La Terre, ce bien commun, est-elle civilisée ?


Jean-Charles Theillac

15 janvier 2009

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /Déc /2008 15:06




On va tous s’embrasser et puis se souhaiter

Le meilleur des bons vœux, de bonheur et santé,

Et puis s’en retourner, le cœur plein de tendresse

Vers d’autres horizons, de nouvelles promesses,

 

Comme pour se laver des « miasmes » du passé

Et se régénérer dans une ère nouvelle.

Cette année sera dure et nous fera payer

Les errements d’aucuns et de leur clientèle.

 

Où est passé le fric ? Il est passé par là…

Mais ne repass’ra pas, il a pris la sortie :

Les paradis fiscaux, les îles, les scélérats.

Petits…Petits…Petits… Revenez par ici !

 

On va bien saupoudrer quelques petits délices

Pour les plus démunis, les plus pauvres de nous.

C’est l’Histoire à présent qui trouvera le vice

Bien caché et bien tu, de ce tournoi de fous.

 

Qu’allons-nous découvrir sous cet amas « marron »,

Quand le raz-de-marée se sera retiré ?

Des visages marqués par les « coups de bâton »

D’une misère injuste trop souvent ignorée.

 

Les années de l’an neuf ont souvent présenté

Un changement brutal, une révolution.

C’est à nous d’explorer la possibilité

Que revive l'ardeur de ces belles passions.

 

On ne peut pas prédire ce que sera demain,

En tout état de cause, il faut attendre un peu

Et ne pas abdiquer, croire au génie humain.

C’est lui qui donnera la réponse à nos vœux.

 

27 décembre 2008

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 21:53

Le changement de siècle est en train d’apparaître

Entrainant dans le flux de ses eaux bondissantes,

Toutes idées reçues, toutes les raisons d’être,

Le temps de certitudes et les gloires finissantes.

 

Ce tsunami mental, cette hérésie funeste

Pourraient bien égaler, en malheurs et en peines,

Les grandes tragédies, les pandémies de peste,

Les profits et mépris et les ferments de haine.

 

Des mondes virtuels aux concepts fictifs,

Des écrans de fumée en guise de pare-feu,

On assiste incrédule, soucieux et attentif,

À la fin d’un empire, à l’agonie d’un dieu.

 

Avant que n’apparaissent les contours incertains

D’un siècle qui débute, soubresauts et chaos

Agiteront le monde de ceux qui n’ont plus rien,

Plus d’espoir, plus d’amour et la faim en écho.

 

Certains sont à compter leurs milliards perdus

Dans l’immense dédale de la « financerie ».    

On pourrait compatir si nous n’étions pendus

Déjà aux conséquences de cette escroquerie.

 

La tradition propose qu’en période de vœux

On présente les bons et surtout les meilleurs,

Pour conserver l’espoir, épargnons-nous l’aveu

Que nous ne somm’s pas dupes et que nous avons peur.

 

Jean-Charles Theillac

 

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : Poésie Politique
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