Catherine Maisse

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POEMES

Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 17:41

Je sais un monde à moi où la vie est ailleurs,

Cette vie qui m’émeut et chaque fois je pleure,

Viendras-tu partager ces larmes de malheur

Qui roulent sur mes joues, pour un peu de bonheur ?

 

Les songes de la nuit me parcourent le corps.

D’entre mes draps, mes nuits sont plus belles encore :

Chimères noctambules, Aphrodite et Chimène

Viennent me visiter pour me conter fredaines.

 

Vous m’avez fourvoyé dans vos douces contrées,

Où l’herbe est bien plus grasse que dans les plus beaux prés,

Où les mots que j’écris fleurissent aux milles feux

De l’enfer des vivants, à l’instar des dieux.

 

Quand je hurle ma peur, quand je crie mon émoi,

Qu’une petite flamme fasse éclater sa joie !

C’est mon cœur tout entier qui saigne et se répand

À l’intérieur de moi, sans un’ goutte de sang.

 

Je sais un monde à moi où la vie est ailleurs,

Où l’amitié, l’amour ouvrent grand le portail.

Pour ceux qui veulent encor’ boucler leurs accordailles,

Les cœurs sont béants de bonté et de fleurs.

 

 

jeancharles theillac


Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /Juin /2008 15:08

À l’instar de Florence, il est mort le « bon sens ». 

Celui de notre enfance, des vieux qu’ont fait les guerres,

Qui respectaient les autres et qui se levaient tôt.

Son état de santé a rencontré l’errance

Et puis s’en est allé, au-delà des frontières,

Des sens et des raisons, des délires mentaux.

 

Il s’est bien accroché à quelques bons apôtres,

Mais « bon sens » a péri quand un instituteur

Qui en était porteur, a voulu corriger

Un potache excité qui s’en prenait aux autres,

D’une gifle appliquée, s’est retrouvé plaideur,

Et a dû abdiquer du « bon droit » érigé.

 

À force de non sens et de sens interdit,

Nul(le) doute qu’on en perde le bon sens commun.

Des sens dessus-dessous, des sens devant-derrière,

Comment s’y retrouver, dans cette comédie.

Se préserver d’autrui, défendre ce défunt,

Devient parfois suspect et souvent subsidiaire.

 

Tous les cons n’iront pas à son enterrement,

Mais les us et coutumes renaîtront pour de bon.

Les hommes ne sont pas des ennemis d’eux-mêmes.

Le bon sens évident gagnera calmement

Les âmes et les cœurs, les méchants et les cons,

Quand nous respirerons l’odeur des chrysanthèmes.

 

Jean-Charles Theillac

Le 8 juin 2008

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 22:57

Je voulais éviter l’allusion offensante,
De savoir si d’élevage il vaut mieux que sauvage.
Que ce soit l’une ou l’autre je les aime décentes,
Sauvages, apprivoisées et peu importe l’âge.

Ce peut être une injure pour celles que l’on méprise.
Tourné en dérision vers d’autres insoumises ;
C’est une provocation de les savoir éprises
D’un autre que soi-même. Tu r’pass’ras pour la bises.

De nos cœurs, de nos vies vous en avez les clefs.
Vous savez que pour vous tous les hommes galopent
Les jambes à leur cou, dans un élan peuplé
De fantasmes et de rêves, adorables salopes.

Une longueur d’avance, sur les hommes, avez.
Recevoir est aisé, donné est moins facile.
Avancer dans la nuit, à tâtons, dépravé,
Accepter d’accoupler son âme d’indocile.

Quant au hasard des vies, il arrive d’aimer
C’est souvent pour le pire et peu pour le meilleur,
De l’amour à la haine, la fusion consumée
De deux cœurs éperdus, au seuil du bonheur.

Que vos câlineries aillent tous azimuts,
Ou sélective alors, vous m’écartiez du lot,
Vous serez qualifiée dans un cas d’une pute
De salope dans l’autre, et moi d’un rigolo.

On a rien à gagner à vouloir tout gérer
Si les sentiments sont ce qu’ils veulent bien être
Généreuse nature que l’humanité gré

Nous offrir la vie et l’envie d’un peut-être.

Jean-Charles Theillac

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 23:57

Sa voix s’est posée nue sur mon âme en dentelle.

Une folle émotion a parcouru ma nuit.

De sa fenêtre, d’ailes, volait la tourterelle

Annonçant bien avant la chance qui me fuit.

 

Son destin m’est lié autant que la montagne

À gravir tous ces jours sous la pluie et la grêle,

Emportant avec elle mes illusions de bagne,

Et offrant à ma vue ses douces damoiselles.

 

Lilas de mon jardin portant de beaux pétales,

Lilas lilas ou blancs, pédoncules à mains,

Donnant quelques bonbons, au travers du dédale,

Des sots venus s’asseoir au gré des lendemains.

 

Renoncer à aimer et devenir fossile,

Danser un tango lent, alangui et charmant,

C’est la ronde impromptue des lueurs de la ville,

Des personnages blancs au relief innocent.

 

La vie, la mort, la nuit, que le jour les emporte.

Là-bas près des étoiles ou alors loin du cœur.

Pour ne plus en souffrir et rester lettre morte,

Près des cendres fumantes, des bruits et des odeurs.

 

Ivresse de l’amour, sobriété des mots,

Perfection du langage attelé à des signes,

Pensées épicuriennes, souvenance des maux,

La vie n’en a que faire, on n’en est pas moins digne.

 

La tendresse ici-bas, c’est un bulletin de paye.

Les retenues d’en haut et puis le sale air brut,

Les baisers sont en bas que les primes égayent,

Au gré du bon vouloir des armateurs en rut.

 

De l’amour, il ne reste que quelques fleurs fanées,

Des maux à l’estomac et des mots plein la tête,

Une gueule de bois pour des gueux mal famés,

Gueuserie de bonheur, inaccessible quête.

 

 

Jean-Charles Theillac


Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 17:59

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A Noëlle

« Nous étions quelque uns qui attendions la gloire »
A cet âge bien sûr il est permis d’y croire
Surtout qu’en 57, c’était les belles années
Vingt ans encore bientôt, elles seront terminées.

Gérald, Roger, Mireille, Bernard, Clotaire, Gaston,
Mes amis de jeunesse, mes amours à tâtons,
C’était derrière l’église que nous découvrions
Nos jeunes académies et les premiers frissons.

Gaston nous confessait et c’était reparti
Pour un tour de manège devant la sacristie.
A deux pas un bistrot où il faisait bon vivre
Roudoudou, carambar, et du beurre en d’mi-livre.

Un merlan nous taillait bien en brosse, les cheveux
Court devant, ras derrière, pour de jeunes morveux
C’était réglementaire et fallait pas broncher
Nos rêves « brandoesques », étaient presque un pêché.

Le rock était bien loin de ce petit village
Un coin de Picardie, un peu triste, un peu sage
Avec l’idiot Homère et le père fouettard.
Il s’appelait « Lecoq ». C’était un vieux lascar.

Il aimait les enfants, mais eux ne l’aimaient pas.
Au sortir de l’école, il emboîtait leurs pas
Pour, disait-il, « offrir » un peu de chocolat ;
Mais les gosses couraient, apeurés par ce gars.

Et lui courait derrière en criant « Attendez ! »
Sa pipe entre les dents, celles qui lui restaient.
Quand il n’était pas ivre, les mômes l’acceptaient,
Et notre « père Lecocq » de se rabibocher.

Et l’école. Ah ! L’école. C’était un monde "entier"
Où régnait un climat très « 3ème République ».
Il y’avait les tilleuls dans la cour de récré
Des maîtres et maîtresses issus de « la laïque ».

Tous en tabliers gris, et grâce à Mendès-France
Nous avons eu chacun, du lait chaud en pitance.
C’était la mère Mouillard qu’était la Madelon
Je la revoie encore nous tendant son cruchon.

Ah ! Ces belles années au rythme des saisons
Le long de cette Rive nous en faisions des bonds
Dans ce bel arbre creux, nous y prenions le quart,
Pour surveiller l’endroit d’où viendraient les barbares.

Et puis y’avait Coulette, ma compagne de vie,
Ma première émotion de tonton accompli.
Domino, la chanson, t’a-t-elle été écrite ?
Ce s’rait chouette de l’penser, mais j’hésite.

Sur le plan nostalgie, il me souvient Noëlle,
Alors là, c’est du dur ! Douceur, tendresse, beauté,
La grange à foin, piano et la complicité,

Tiens ! je te dédie ce poème antique, ma belle !!!


Jean-Charles Theillac

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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