Catherine Maisse

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Dans ma rue

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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 07:00

Un jour elle reçut, par la poste, une enveloppe à ses nom et adresse, qu’elle décacheta. Sur une page arrachée à un cahier d’écolier, une seule phrase était écrite : J’entends ta voix dans tous les bruits du monde.


Ces mots, comme posés à la hâte, tracés d’une longue écriture cassée, dégingandée, lui évoquèrent ces grands oiseaux surpris une patte levée et dont on attend, en vain, qu’ils la posent. Ils vivent de cette façon. Quand ils marchent, c’est avec lenteur. Ils semblent posséder l’éternité : en apparence rien de les préoccupe. De haute taille, précautionneux et malhabiles au sol, ils deviennent splendeur quand, dans un grand mouvement d’ensemble, ils s’élèvent, nuage rose, vers le ciel.

 

Il ressemblait à ce grand et bel oiseau. Il vivait seul à Paris, dans un modeste atelier de peintre, rue des Artistes, à deux pas de la rue de la Tombe Issoire et trimbalait souvent sa solitude, au hasard dans ce quartier. On aurait dit un personnage de la légende du fameux géant Issoire, détrousseur de bonnes gens au Moyen-âge, tué par Guillaume d’Orange. Il tellement était grand qu’on lui trancha la tête. Ses restes furent enterrés dans cette voie bien nommée, qui permettait, depuis Orléans, de rejoindre le centre de Paris.

Un après-midi d’été, alors qu’il déambulait sous les platanes de l’avenue du Président
René Coty, paradis des promeneurs de chiens du 14ème arrondissement, il tomba en arrêt devant une très belle femme. Blonde, de taille moyenne, elle était plongée dans la consultation d’un carnet dans lequel elle semblait ne pas trouver ce qu’elle cherchait : un nom, une adresse, un numéro de téléphone ?  Il sourit à l’idée qu’il aurait aimé que ce fut le sien. Alors, tranquillement, il s’assit sur un banc pour la contempler sans aucune retenue mais il n’osa pas lui adresser la parole.


Au bout de quelques courtes minutes, la femme s’éloigna après avoir rangé le carnet dans son sac. Alors que sa raison lui dictait de la rattraper, de lui parler, de lui demander l’heure, de faire n’importe quoi mais de ne pas la laisser partir ainsi, il resta immobile, longtemps, perdu dans ses pensées.


Comme d’habitude, il rentrerait chez lui, seul, retrouver ses chers fusains car il dessinait beaucoup plus qu’il ne peignait. Il avait tant d’émotions à exprimer !


Avant, il fit quelques courses au supermarché de la rue Dareau. Comme il arrivait à la caisse, son cœur se mit à battre plus fort. Elle était là, devant lui, avec son panier et lui se retrouvait comme un communiant devant l’autel.


La caissière dit à sa cliente : « Bonjour Madame G… ! Je vous ai entendue ce matin à la radio. Oh ! c’était une belle chanson ! La route…

- Bleue, répondit-elle en souriant ». Resplendissante et belle, elle échangeait des amabilités avec la caissière. Ainsi, elle était sûrement sa voisine.


Il en savait assez pour oser espérer. Mais pas assez encore pour en être, ne serait-ce qu’un peu, heureux.

...à suivre

 

Dominique Grassi
Jean-charles Theillac
sur une idée de Catherine Maisse

 

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : Nouvelle
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 13:01

POURQUOI tu peux avoir une pizza à ta maison plus vite qu'une ambulance ?

POURQUOI il y a un stationnement pour handicapés en face des patinoires ?

POURQUOI les gens commandent un double cheeseburger, des grosses frites et un coca...light?

POURQUOI nous achetons  des saucisses à hot dog en paquet de 10 et des pains à hot dog en paquet de 8 ?
Par ailleurs, ne t'es-tu jamais demandé...

POURQUOI Les femmes ne peuvent pas se mettre du mascara la bouche fermée?

POURQUOI le mot « abréviation » est si  long ?

POURQUOI pour arrêter Windows on doit  cliquer sur Démarrer ?

POURQUOI le jus de  citron est fait de saveurs artificielles et le liquide vaisselle est fait de vrais citrons ?

POURQUOI il n'y a pas de nourriture pour chat à saveur de souris ?

POURQUOI ils stérilisent l'aiguille qui sert à l'euthanasie ?

Tu connais ces boîtes noires  indestructibles dans les avions...POURQUOI  est-ce qu'ils ne fabriquent pas l'avion au complet dans ce matériau ?

Si voler est si sécuritaire, POURQUOI  l'aéroport s'appelle le « terminal » ?

Et toujours...

POURQUOI est-ce  qu'on appuie plus fort sur les touches de la télécommande quand les piles sont presque à plat ?

POURQUOI est-ce qu'on lave  nos serviettes de bain ; est-ce qu'on n'est pas sensés être propres quand on  s'essuie avec ?

POURQUOI les pilotes  kamikazes portent-ils un casque?

Questions cruciales :

Quand on  étrangle un Schtroumpf, il devient de quelle couleur ?

Comment les panneaux « DÉFENSE DE MARCHER SUR LA PELOUSE »  arrivent-ils au milieu de celles-ci

Quand  l'homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il exactement à faire à ce moment-là ?

Si un mot dans le  dictionnaire est mal écrit, comment s'en apercevra-t-on ?

POURQUOI ce couillon de Noé n'a-t-il pas  écrasé les deux moustiques ?

Est-ce que les  ouvriers de chez Lipton ont aussi une pause café ?

POURQUOI les moutons ne rétrécissent pas quand il pleut ?

POURQUOI « séparés » s'écrit-il en un mot,  alors que « tous ensemble » s'écrit en deux mots séparés  ?

Je veux acheter un boomerang neuf : comment puis-je me débarrasser de l'ancien ?
POURQUOI Les établissements ouverts 24 heures sur 24 ont-ils des  serrures et des verrous ?

Auteur anonyme


Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : Essai
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /2009 17:34

J-S Bach par M.Glen Gould


Exagérer n’est pas mentir.

Espérer n’est pas attendre.

Aimer n’est pas bénir.

Ecouter n’est pas entendre.

 

Des mots pour tous les maux et des croix pour après

Ou des croissants de lune pour sublimer nos nuits.

D’émeraude et d’émaux, cette boîte à secrets

Cachait comme il se doit, tous nos petits ennuis.

 

Regarder n’est pas voir

Jurer n’est pas tenir

Aimer n’est pas vouloir

Rendre n’est pas vomir.

 

Il y avait pourtant dans ce monde cruel

Quelques petits délires : de bas débats immondes

Et de très hautes tailles, pour les petits duels.

Infortune fidèle à l’aubaine du monde.

 

Détester n’est pas maudire

Circuler n’est pas mourir

Ressasser n’est pas citer

Appeler n’est pas chasser.

 

Une punaise rouge, quelques petits trombones,

Un élastique mou, un caillou en agate,

Côtoyaient un carnet de feuilles à colonnes

Et des notes en tous sens rédigées à la hâte.

 

Ecrire n’est pas dire

Jaser n’est pas parler

Blâmer n’est pas punir

Et ruer n’est pas nier.

 

Rebut de la mémoire des hommes et des pensées,
Cassette d’un trésor que le temps passé fige,

Petite boîte en bois qui recèle vertiges

Et peut être vestiges de lambeaux insensés.

 

Jean-Charles Theillac

7 mars 2009

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /2009 10:44

Ô toi ma bien-aimée, mère de mes enfants,

Que n’a-t-on labouré les friches de nos vies !

Que mon cœur en jachère apaise mon tourment

Pour qu’une fleur exhale ce brin de poésie.

 

Tu as tant repoussé mes élans, mes étreintes.

Sur ton corps étendu, j’ai tenté des caresses,

Maladroites, hésitantes. Elles se voulaient empreintes

De tendres attentions et de délicatesses.   

 

Je t’ai toujours donné mon amour en offrande.

J’espérais que ton corps se libère et s’expose

Pour en goûter le fruit, au doux parfum d’amande,

Cet intime de toi comme une fleur éclose.

 

Mais le temps a passé et mon attente est vaine.

Je ne l’ai pas cherchée, je ne voulais pas d’elle.

Elle a su me séduire, élégante et mondaine.

Malgré ma réticence, elle m’a pris sous son aile.

 

Cette femme allongée, dans ce lit, près de moi

Ne prendra pas ta place. Jamais elle ne sera

Ce que je veux pour nous, ce que je veux de toi.

Tu es celle dont je rêve, quand je suis dans ses bras.

 

Ecartelée, offerte, impudique maîtresse,

Je dors dedans son corps, elle s’abreuve du mien,

Puis ses mains me caressent avec tant de tendresse.

Moments délicieux où le temps n’est plus rien.

 

Je te voudrais heureuse, en ces instants, comme elle,

Suspendue dans le temps, l’espace, par le plaisir,

Assouvie et sereine. Mon audace est cruelle :

Ne la rejette pas. Sauras-tu l’accueillir ?

 

Je ne sais si tu veux et pourtant, il me semble

Qu’est venu le moment de songer à nous deux,

À ce que pourrait êtr' notre amour qui va l’amble,

Pour le régénérer dans un galop heureux.

 

S’il n’y avait amour, entre nous, mon amour,

Je n’aurais pas osé. C’est à toi, maintenant.

Je te laisse le temps. Je veux rester toujours

Séduisant, amoureux, ton éternel amant.

28 janvier 2009

 

 

 

 

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /2009 20:25

Fumer des cigarettes depuis belle lurette,
C’est banal. Et pourtant, arrêter de fumer
Devient un vrai combat, effroyable casse-tête,
Périlleux, délicat, sans victoire assurée.


La raison, le plaisir, le besoin, les effets

S’opposent dans ma tête, dans mon corps tout entier.

La lutte est inégale. À la première bouffée,

Je succombe à Nicot, à son herbe grillée.

 

Je ne me souviens pas m’avoir déjà vu sans

Ce petit bâtonnet, cette putain de clope !

J’ai fumé tout d’abord, pour faire comme les grands,

Jouer à éprouver ce plaisir interlope.

 

D’autres désirs ensuite ont traversé ma vie :

Des envies censurées, des désirs interdits.

Mais le monde fumait ; tous mes héros d’alors

Avaient l’air si heureux, si viril et si fort.

 

Pour comprendre l’enjeu des « faiseurs de cancer »,

Faut dire que ces salauds(*) ont adjoint sans vergogne

De multiples toxiques(**) aux effets délétères,

Lucratifs profits de leur basse besogne.

 

Faut dire aussi bien sûr que les vendeurs de rêves

Nous l’ont bien instillé, ce semblant de bonheur.

Faut dire enfin qu’en face, Esculape et son glaive

N’avaient pas les moyens d’offrir les mêmes leurres.

 

La pensée se délabre entre haine et passion,

Le plaisir et la crainte, le bien-être et la peur.

Sentiments dominants, faits de contradictions,

Deviennent obsédants et sombrent dans l’horreur.  

 

Et pendant ce temps-là, ma raison, mise au coin,

Regard’ s’épanouir mon plaisir malsain,

Car mon corps subira les atteintes fatales,

À moins que la sagesse ne domine le bal.

 

Confrontations stériles, manichéisme vain !

Le corps a ses besoins que la raison ignore.

Le plaisir a les siens que la raison déplore.

Déchiré, torturé… J’arrêterai demain !

 

25 janvier 2009

Jean-Charles Theillac

 

(*)L'Etat, en organisant la vente et en percevant les taxes, est complice.

(**)Voici un aperçu de ce qui est ajouté au tabac d'une cigarette : arsenic, ammoniac, cyanure, acétone, cadmium, formol, benzopyrène, glycol, sulfate d'ammonium, coumarine, eugénol qui est un "phénol", théobromine, glycyrrhizine, pyridine, … Mais aussi, du chocolat, sucre, miel, cacao, caramel, réglisse, etc, … Tantôt mutagènes, parfois cancérigènes, ces additifs sont devenus le dilemme d'une industrie : réduire la toxicité ou réduire les ventes ?

Les composants d'une cigarette

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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