Catherine Maisse

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Dans ma rue

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Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /Déc /2006 22:59

Les sentiments confus que mon cœur ne les flatte,

Sont des épines plantées dans le sein de mon âme.

Telles des banderilles affublées d’oriflammes

Blesseraient le taureau avant qu’il ne combatte.

Dans ses yeux, je ne vois de la mansuétude,

Pas l’ombre d’un regret, pas le moindre remord.

Ai-je donc tant failli qu’il me faille un effort,

A chaque instant de vie marquée par l’habitude.

Proie facile et docile dans sa ménagerie,

Portrait robot du noir de son imagerie,

De nos jours et nos nuits, tirons l’enseignement,

Qu’il est venu le temps de faire taire les armes.

Pour la paix désirée et l’arrêt des errements,

Retrouver de la vie la couleur et le charme.

 


Jean-Charles Thellac

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 22:31

Emouvant, historique, déchirant...Le groupe Manoukian, le 21 février 1944, périt sous les balles allemandes, au Mont Valérien.

L’affiche rouge de LOUIS ARAGON chanté par Leny Escudero

Interprétée par Léo Ferré

Le 21 février 1944, les murs de Paris se couvrent de grandes affiches rouges. Elles font état de l'exécution au mont Valérien de 23 terroristes membres d'un groupe de FTP (francs-tireurs partisans).Par le biais de cette affiche, la propagande nazie daube sur l'origine étrangère de la plupart des malheureux (Arméniens et juifs d'Europe de l'Est pour la plupart).Il n'est pas sûr que cette argumentation ait eu l'effet attendu sur l'opinion française si l'on en croit le beau poème de Louis Aragon...














Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
A la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erevan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant  




Par Louis ARAGON - Publié dans : Document d'auteur
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 15:24

Louis Aragon dit son poème
- Ce poème, paru pendant l'Occupation dans le journal "le Mot d'ordre" a été inspiré par l'évolution des événements à partir de l'été 1941 : attentats contre l'occupant, exécutions sommaires.....
- Il fit l'objet, pendant la guerre de nombreuses réimpressions anonymes. Il doit sans doute son succès à la force des sentiments qu'il exprime et à sa forme de complainte populaire....
- Il se compose de 64 heptasyllabes



Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas

L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera

Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

Louis ARAGON

Par Louis ARAGON - Publié dans : Document d'auteur
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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /Déc /2006 23:53

Sans domicile fixe, sans amicalité,

Seul, égaré dans la nuit glacée de l’oubli,

Il arpente le quai, son sac à dos sali,

Délavé, chahuté, usé d’avoir trainé.

 

Ce soir il fait très froid, un vieux bout de carton

Et une couverture serviront à passer

La nuit de tous les maux et de tous les dangers.

Un recoin à l’abri des regards et des gnons.

 

Un litron dans le sac sera son seul repas.

La Lune toute ronde éclaire cette nuit

Qui sera sa dernière. Sur le coup de minuit,

Le tocsin de la vie, en lui, retentira.

 

On le retrouvera comme il s’était couché.

Engourdi dans le froid et figé par la mort.

Il en avait fini. Il partit sans remords,

De cette pauvre vie qui l’avait bien lâchée.

 

Et l’on s’étonnera et l’on se posera

Des questions à la con, des remarqu’s imbéciles.

Et la nuit et le froid offriront leur sébile

Au prochain SDF, dans l’oubli du trépas.

 

N’avons-nous pas un toit pour tous ces pauvres gens ?

N’est-ce pas un devoir que de les abriter ?

Couchons sur parchemin cette banalité,

Tout citoyen a droit à un toit, un auvent.

 

Je vous l’avais bien dit, les questions à la con

Ne m’ont pas échappées. Cinquant’ quatr’, l’abbé Pierre

Avait tout deviné. Cinquante ans de prières

Et ils meurent à nos portes, nous dans notre cocon.

 

Je n’ai pas les moyens ni même la réponse,

Mais malgré tout je crie, je vocifère, je lance,

Indigné et meurtri, à la bonne conscience

De ceux qui peuvent agir, un grand coup de semonce.

 

 

Jean-Charles Theillac

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /Déc /2006 20:37

La chamade en mon âme

Bat et mon cœur s’enflamme.

Vous me faites rêver

À des instants prisés,

Car nul ne saura

Autant que votre aura

Réjouir tous mes sens

Jusqu’à la déchéance.

 

Vos sensualités

Sont ma réalité.

Mon souhait par lequel

J’atteindrai l’éternel

Instant de plénitude,

Fait de sollicitude,

D’agréables pensées,

Voluptés exhaussées.

 

Quand j’aurai parcouru

Le livre saugrenu

De ma vie de dentelle,

J’envierai l’hirondelle

Qui s’en va et revient

Dès le printemps prochain,

Gazouiller à l’oreille

Des amants, des merveilles.

 

Naïades de la toile,

Nymphes des jours heureux,

Vous êtes les étoiles

D’un ciel bien périlleux.

Vous atteindrai-je un jour ?

Inaccessibles et belles,

Pour faire d’un bonjour

Un beau soir irréel.

 

 

Jean-Charles Theillac

Par Jean-Charles THEILLAC - Publié dans : POEMES
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