Dans ma rue
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Les plus belles chansons de Catherine Maisse ont été rééditées en CD

Pour un tocard de père qui refusa l’obstacle
A la première haie et sortit de la salle,
Sa mère assuma seule le reste du spectacle.
C’était après la guerre, une histoire banale.
Un homme bienveillant, amoureux de sa mère
Adopta cette enfant et en fit donc sa fille.
Gratitude et bon gré, pour cet homme compère,
Père et beau-père en somme d’une belle famille.
Le rideau de la vie s’ouvrait alors tout grand.
Elle n’aurait pas pensé que de sa vie durant,
Elle ne connaîtrait plus que ces mêmes tocards,
Toques et casaques grises, bons à mettre au rancart.
M’est avis que les hommes furent pour elle un fardeau
Qu’il lui fallut porter comme ballots de paille.
Un tribut à la gent de celui qui plus tôt
Lui avait donné nom, suite à ses épousailles.
Poursuivit-elle alors, de façon naturelle,
L’étoile de sa mère qui connut l’abandon ?
La lâcheté d’un père aimant la bagatelle,
Porta vers elle les hommes, comm’ le vent le chardon ?
Il sema à tous vents, le tocard en question :
Une autre fille, ailleurs, d’identique prénom,
Dont le destin défait et le lot de ballots,
Jalonnèrent la vie de douloureux mélos.
Á quel originel manqu’ fur’nt-elles soumises,
Pour porter de si lourds et encombrants fardeaux ?
Pour subir à ce point l’ineffable mainmise
De tocards et toqués parés d’affûtiaux ?
La peur de l’abandon expliqu’ t-elle à elle seule
Ces vies de bouts d’chandelles, dont les flammes vacillent
Au gré des vents mauvais et des grands coups de gueules ?
Rapsodie sidérale pour des âmes en guenilles.
Jean-Charles Theillac
22 octobre 2009
Ce sera un jour, la dernière fois
Que je dormirai sans me réveiller.
Que je baiserai avec ou sans toi,
Que je pleurerai dans mon oreiller.
Que mon cœur battra la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Que je rimerai l’adjectif ultime
Ou l’alexandrin, maladroit parfois,
Mais toujours précis, sauvé par la rime.
Ou alors la nuit, la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Que j’apercevrai, ton regard d’amour
Caresser le mien puis de tes longs doigts
Tu me feras signe : adieu à toujours !
Emouvant fatras, la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Que je chanterai sans dessus dessous,
Brassens et Ferré, Jacqu’s Brel et Ferrat,
Que j’écouterai « la fille à cent sous »
« Et basta » la vie, la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Que je te dirai un dernier « je t’aime »
Pour de vrai bien sûr, tout comme autrefois
Au temps des moissons dans les matins blêmes.
L’extase finale, la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Que j’écouterai aller et venir
Les vagues éternelles dans le désarroi
De mon cœur perdu au dernier plaisir.
Murmures d’azur, la dernière fois.
Ce sera un jour, la dernière fois
Un dernier matin, une dernièr’ nuit.
Quand je rejoindrais le dernier convoi
Vers je ne sais quoi, vers je ne sais qui ?
La Paix pour toujours, la première fois !
13 octobre 2009
Jean-Charles Theillac
« Ne repasse pas, fallait pas »
Traduction : je ne reviens pas te chercher, tu n’aurais pas dû me dire ça !
Ces propos sibyllins, incohérents, abscons,
Pour rompre une amitié : c’est un peu court, jeune homme.
Ce ‘’Texto’’ est ‘’idiot’’, pour ne pas dire ‘’con’’,
Le pronom est absent, l’idée est minimum.
Doit-on pour se parler, user de ce jargon
Ridicule, insensé, rédigé à la hâte
Par un avare des mots, un nouvel Harpagon
Dont le dessein intime est de se montrer fat ?
Dans ce cas, les mots sont des lames de couteaux
Qui pénètrent l’intime, les entrailles de l’âme,
Pour blesser et souiller et brûler dans les flammes
Ce qui reste de bon, de robuste et de beau.
« Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement
Et les mots pour le dire, arrivent aisément…
…Avant donc que d'écrire, apprenez à penser… »
Ah ! Mon pauvre Boileau… tu dois bien te gausser !
Aujourd’hui le langage, est jeté aux orties.
Les belles phrases sont étiolées, rabougries.
Et si quelques auteurs aiment à peindre les mots,
Ils sauvent la face mais... l’exemple vient d’en haut.
« Cass’-toi ! Pauv’ con »
Jean-Charles Theillac
Le 8 octobre 2009
Quand il apparaîtra, ce long tunnel sombre,
D’où jaillira, sublime, le halo lumineux,
Il faudra se hisser, se glisser comme une ombre,
Mue par la volonté d’un destin radieux.
Je quitterai mon corps, sans remords ni rancune
Et la vie matérielle, sur la terre d’Adam,
Vers un état lumière, une douce lagune
Où le temps et l’espace, ne sont pas signifiants.
Impalpable divin, conviction personnelle ?
Nous qui n’en savons rien, nous en avons l’instinct.
Après moi, le néant, plus rien n’a de réel ?
Le souvenir pour l’un, pour l’autre le trentain !
Le trouble et l’embarras, est de s’imaginer
Attaché à une âme depuis le premier jour,
Qu’ell’ soit notre conscience et notre destinée
À tout jamais ancrée aux pieux de l’Amour.
Certains esprits pourtant, viennent rompre la chaîne
Des évolutions lentes et des métamorphoses,
Pour nous faire douter ? Destinées incertaines
De la pensée des Hommes et du pourquoi des choses.
Ce Dieu de l’amour dans la sérénité
De l’univers divin, n’est pas semblable à l’Homme
Mais il en est l’essence de même affinité
Qui nous donne l’envie d’être son post-scriptum.
4 octobre 2009
Jean-Charles Theillac
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